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Faut-il s’alerter de la présence de métaux lourds dans le matcha ?
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Faut-il s’alerter de la présence de métaux lourds dans le matcha ?

Mis à jour le 02 juin 2026 8 min de lecture

Une enquête récente par Lead Safe Mama affirme avoir trouvé des métaux lourds dans chacun des matchas qu’ils ont analysé. Enquête.


I. Le matcha peut-il contenir des métaux lourds ?

Oui. Comme beaucoup de plantes, le théier (Camellia sinensis) absorbe certains contaminants présents dans le sol, l’eau ou l’air. En fait, c’est une plante absorbante qui est très sensible à son environnement.

Le cas du matcha attire davantage l’attention qu’une infusion classique pour une raison simple : on consomme la feuille entière sous forme de poudre. Avec un thé infusé, seule une partie des composés passe dans l’eau. Avec le matcha, on ingère tout.


feuille matcha

Nuance : Les jeunes pousses, utilisées dans les meilleurs matcha cérémonie, sont souvent perçues comme plus intéressantes sur le plan qualitatif que des feuilles plus âgées destinées à des grades inférieurs car les contaminants y seront moins concentrés que sur les feuilles plus proches des racines. Néanmoins ce n’est pas une garantie d’absence de contaminants, mais c’est souvent un meilleur signal qualitatif qu’un matcha bas de gamme ou culinaire très opaque.

En tout les cas, le matcha justifie une exigence plus forte en matière de qualité et de contrôle.


II. Quels métaux lourds surveiller dans le matcha ?

Quand on parle de métaux lourds dans le matcha, il faut distinguer plusieurs sources possibles :

  • Cadmium : plutôt lié au sol agricole et à certains engrais. C’est un métal toxique pour les reins et classé comme cancérogène avéré à long terme.
  • Plomb : souvent associé à la pollution environnementale ou historique. Il s’accumule dans l’organisme et peut affecter le système nerveux, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.
  • Arsenic : peut être naturellement présent dans certains sols ou dans l’eau. À long terme, il est associé à des risques de troubles de la peau, de diabète et de certains cancers.
  • Mercure : généralement moins central dans le thé, mais souvent inclus dans les analyses complètes. Il est surtout toxique pour le système nerveux, en particulier chez les fœtus et les jeunes enfants.
  • L’aluminium : On en parle beaucoup moins, mais les terres propices au matcha ont souvent des concentrations fortes en aluminium qui peuvent aussi avoir des effets néfastes sur la santé (effets neurotoxiques et troubles du développement osseux).

Les métaux lourds ne sont pas les seuls dangers. La présence de pesticides est aussi un sujet préoccupant, mais pour ce cas c’est assez simple à résoudre en privilégiant du bio.


logo jas bio garanti sans pesticides

Un matcha peut contenir des traces détectables de métaux lourds et pesticides sans présenter pour autant un risque sanitaire préoccupant. Tout dépend du niveau mesuré, de la fréquence de consommation et du sérieux du producteur.


III. Le Japon est-il concerné par les métaux lourds ?

Oui, le Japon a historiquement été marqué par plusieurs épisodes majeurs de pollution aux métaux lourds, qui ont profondément influencé sa surveillance agricole et alimentaire.

Le cas le plus célèbre reste la maladie itai-itai, liée à une intoxication au cadmium dans des zones contaminées par des activités minières massives, notamment dans la préfecture de Toyama. Ce scandale a rendu le cadmium très surveillé dans l’agriculture japonaise depuis des décennies.

Le mercure est aussi emblématique du Japon avec la maladie de Minamata, une intoxication massive par des rejets industriels dans la baie de Minamata, principalement dans le contexte marin (poissons contaminés).

Par ailleurs, le plomb a également une histoire industrielle au Japon, avec des pollutions minières anciennes comme celle de la mine d’Ashio. Ces épisodes ont contribué à une pollution environnementale générale qui peut encore affecter certains sols aujourd’hui.

Carte de la répartition du cadmium dans le riz brun au Japon

La bonne nouvelle, c’est que les grandes régions de production de thé japonaises (Uji, Kagoshima, Shizuoka, Nishio) ne sont pas spécialement connues aujourd’hui pour des scandales majeurs de cadmium, plomb ou arsenic. Le scandale itai-itai concernait surtout Toyama, loin des principales zones de thé.

En revanche, comme beaucoup de sols volcaniques japonais, certaines régions comme Uji ont des sols naturellement riches en aluminium. Le théier est une plante qui accumule naturellement l’aluminium dans ses feuilles, ce qui en fait souvent le métal le plus présent dans le matcha, même quand les autres métaux lourds sont bien contrôlés. L’aluminium n’est pas un scandale de pollution, mais un élément naturel de la géologie et de la physiologie du théier.

Beaucoup de producteurs japonais, notamment dans des régions réputées comme Uji, ont intégré des pratiques de culture plus contrôlées (meilleure traçabilité, réduction des intrants, contrôles qualité réguliers), en partie à cause des différents scandales qui ont touché l’agriculture japonaise au fil du temps. Je pense notamment aux producteurs de Marukyu Koyamaen ou Ippodo, qui garantissent des contrôle stricts sur leurs sols. Il y a bien entendu des cultures moins contrôlées, des parcelles plus polluées que d’autres, il faut donc prendre conscience que le risque existe réellement.


IV. Le matcha est-il dangereux ?

Une enquête par l’organisation indépendante Lead Safe Mama affirme que toutes les marques de matcha qu’ils ont analysées contenaient des traces de métaux lourds. Du plomb, du cadmium, de l’arsenic et parfois le mercure auraient été détectées à différents niveaux, y compris dans des références bio et premium très populaires..


2025 Matcha Chart April 8 2025 Update

SOURCE DE L’IMAGE : LEAD SAFE MAMA

Cependant, plusieurs points importants nuancent ce résultat :

  • Cette enquête ne porte que sur neuf produits américains, pas sur l’ensemble du marché et encore moins le marché européen.
  • La présence de traces ne signifie pas automatiquement un danger : tout dépend des quantités et des seuils sanitaires autorisés. Dans la capture, il y a en effet des concentrations « dangereuses » pour une consommation régulière.
  • De nombreuses marques sérieuses et que je recommande affichent des niveaux très faibles, bien en dessous des limites réglementaires, grâce à des contrôles réguliers et transparents.

V. La seule vraie manière d’être rassuré

La seule façon sérieuse d’être rassuré, c’est d’avoir accès à des analyses de métaux lourds. Une marque sérieuse doit au minimum être capable d’indiquer l’origine du thé, la région de culture, le grade, et idéalement de documenter son contrôle qualité.

Vérifiez TOUJOURS ce que dit la marque sur le contrôle des normes, vous trouverez sûrement des pistes comme par exemple la norme ISO 22000 qui DOIT vérifier tous les dangers autour la culture.

Le problème n’est donc pas « le matcha » en soi, mais plutôt les marques qui ne contrôlent pas et ne communiquent pas sur leurs normes.

Des marques transparentes, comme par exemple Anatae, mettent en avant leurs contrôles laboratoire afin de montrer que leurs produits restent bien en dessous des seuils tolérés.

Le label bio est rassurant sur certains points, notamment les pesticides, mais il ne suffit pas à lui seul pour exclure la présence de cadmium ou d’autres métaux lourds.

Quelques réflexes utiles :

  • Vérifier la région de production et la traçabilité réelle. Pour ses raisons, on évite d’autant plus le matcha chinois.
  • Privilégier les marques capables de fournir ou de commenter leurs analyses.
  • Éviter les matcha d’origine floue ou simplement marketés sans preuves.
  • Se méfier des produits trop peu chers par rapport aux standards du marché.
  • Privilégier les jeunes pousses et les grades supérieurs quand la marque est sérieuse.

FacteurRisque plus élevéRisque plus faible
OrigineOrigine floue, zones peu documentées, sourcing opaqueJapon avec région indiquée (ex : Uji, Kagoshima, Nishio)
GradeMatcha culinaire basique, feuilles plus âgéesMatcha cérémonie, jeunes pousses
TransparenceAucune donnée, aucun test laboAnalyses publiées ou disponibles sur demande
PrixTrès bas prix incohérent avec un vrai matcha de qualitéPrix cohérent avec une culture sérieuse et contrôlée


Conclusion

Oui, le matcha peut contenir des traces de métaux lourds. C’est logique pour un produit végétal cultivé dans le sol, et encore plus lorsqu’il est consommé en feuille entière comme le matcha. Mais cela ne signifie pas qu’il faille le considérer comme un produit problématique par défaut.

Le point clé, c’est la transparence. Aujourd’hui, de nombreux producteurs japonais, notamment dans des régions historiques comme Uji, ont intégré des pratiques plus contrôlées et une culture qualité plus stricte. Pourtant, cela ne vaut pas pour tout le monde. La meilleure sécurité reste donc de choisir des marques capables de documenter leur sourcing et leurs analyses de métaux lourds.

Si tu veux vraiment minimiser le risque, ne te contente pas d’un joli packaging ou d’un simple « matcha japonais » : privilégie un matcha traçable, cohérent, et testé.

Liens utiles dans l’article : qu’est-ce que le matcha ? et les bienfaits du matcha.

TheMatcha.FR

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