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L’augmentation du prix du matcha : vers une pénurie en 2026 ?
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L’augmentation du prix du matcha : vers une pénurie en 2026 ?

Mis à jour le 27 août 2026 21 min de lecture 1 commentaire

Ce qui s’est passé cette année

  • La feuille s’est vendue 72 % plus cher qu’en 2025 aux enchères de Kyoto.
  • Les plus belles qualités sont partis à trois fois et demie le prix de l’an dernier.
  • Le plus bas de gamme de cette enchère a presque doublé, donc rien n’est à l’abri.
  • Et tous les autres thés japonais montent aussi. Le sencha (le thé vert de tous les jours), a pris 48 %.

La récolte 2026 arrive en boutique à partir de septembre.

Votre matcha japonais préféré a pris 2 à 10€ d’augmentation. C’est la même marque, la même taille. ça m’est arrivé avec Ippodo et ça m’a refroidie.

Ce n’est pas la marque qui profite (je pense qu’ils ont profité de marges confortables avant la tendance plutôt!). Ça vient du Japon, et ça a commencé avant même le printemps 2025.

Lexique

Le matcha
Une poudre de thé vert. Contrairement au thé en sachet, on avale la feuille entière, réduite en poudre très fine.
Le tencha
La feuille séchée dont on fait le matcha. On la moud, et ça devient du matcha. C’est ce prix qui a augmenté fort.
Les enchères
Chaque printemps, les producteurs japonais vendent leur récolte aux enchères. Au japon, c’est très courant de vendre comme ceci. C’est là que le prix se décide.

De combien le tencha a augmenté

Parlons en yens, la monnaie japonaise: 1 euro vaut à peu près 185 yens cet été (le yen est historiquement très bas, censé être à notre avantage)

La grande enchère de Kyoto.
Prix de la feuille20252026Évolution
Au kilo, en moyenne8 235 ¥soit 45 €14 127 ¥soit 77 €+ 72 %
Les meilleurs lots11 393 ¥soit 62 €40 021 ¥soit 217 €× 3,5
Les lots les moins chers4 121 ¥soit 22 €7 200 ¥soit 39 €+ 75 %
Quantité mise en vente ce jour-là1 678 kg25 188 kg× 15

Enchère du 13 mai 2026, centre de distribution du thé d’Uji, près de Kyoto (375 lots). La quantité présentée à cette première vente change beaucoup d’une année sur l’autre selon la façon dont les lots sont répartis dans la saison : elle ne dit rien de la production japonaise totale.

Ce sont les prix payés ce jour-là par les acheteurs, mais comme vous le voyez c’est AU KILO. Donc ramené aux 30 grammes c’est beaucoup moins.

Dans une boîte de 30 g : la feuille coûtait 1,34 € au producteur en 2025. Cette année, 2,30 €. Un euro de plus, pour une boîte que vous payez 35 ou 40 €.

La feuille, c’est une toute petite part de ce que vous payez. Le reste c’est la boîte, le transport depuis le Japon, la marge du magasin, la pub. Un euro ça a l’air de rien comme ça, mais l’inflation c’est aussi sur les canettes et tout le reste. Mis bout à bout : ça fait beaucoup! Le pire dans tout ça : le Japon a exporté 42 % de thé en plus en 2025 qu’en 2024. Il y a donc davantage de marchandise sur le marché, et les prix montent quand même. Ce n’est pas qu’il en manque. C’est qu’il y a tellement d’acheteurs que tout part.

On a beaucoup parlé de pénurie ces derniers mois. Non, une pénurie ça voudrait dire que vous ne trouvez plus de matcha en rayon. Vous en trouvez. Il coûte juste beaucoup plus cher, et les bonnes références partent vite.

Les marques ont déjà bougé en 2025

Ce qui a changé chez les marques que vous connaissez

  • Anatae : +6 %, le Matcha Cérémonie est passé de 34 € à 36,90 € au 1er décembre 2025.
  • Amoseeds : hausse en novembre 2025 pour tenir la qualité bio.
  • Ippodo : de +40 % à +67 % sur ses matchas haut de gamme.
  • Noka Matcha : a prévenu sa communauté que d’autres ajustements arriveraient.

Et tout ça repose encore sur la récolte 2025. La suivante a coûté 72 % de plus.

Anatae a publié un communiqué pour expliquer sa hausse, et Amoseeds a fait pareil en annonçant ses nouveaux tarifs. Je trouve ça plutôt bon signe. Une marque qui prend le temps d’expliquer pourquoi elle augmente, c’est en général une marque qui n’a pas touché à ce qu’il y a dans la boîte.

Côté japonais, l’annonce qui m’a le plus marquée vient de Marukyu Koyamaen, une maison d’Uji fondée au début du XVIIe siècle.

Annonce d'augmentation du prix du matcha par la maison Marukyu Koyamaen
L’annonce officielle de Marukyu Koyamaen : de 50 à 60 % d’augmentation sur les nouveaux stocks.

Source : annonce d’ajustement des prix, Marukyu Koyamaen, juin 2025

Sachez qu’au Japon, augmenter ses prix est très mal vu. On préfère rogner sur sa marge pendant des années plutôt que de le faire. Alors quand une maison de quatre siècles annonce publiquement 50 à 60 %, c’est un signal fort. Et l’enchère 2026 a effacé ce record.

Où on en est dans le cycle : les marques ont d’abord absorbé, puis augmenté un peu. Après deux ans, elles ne peuvent plus absorber. La récolte 2026 arrive cet automne.

Ce n’est plus que le matcha

C’est la vraie nouveauté de cette année, et je n’en ai vu parler nulle part en français. Les autres thés verts japonais montent aussi, et parfois plus vite que le matcha.

Prix moyens sur le marché du thé de Kyoto, récolte 2026 comparée à 2025.
Type de théPrix au kiloSur un an
Feuille de matcha cueillie à la mainle haut de gamme absolu52 086 ¥soit 282 €+ 20 %
Feuille de matcha récoltée à la machine17 797 ¥soit 96 €+ 22 %
Gyokurole thé vert japonais le plus raffiné14 249 ¥soit 77 €+ 69 %
Kabusechaun thé vert cultivé à mi-ombre8 369 ¥soit 45 €+ 82 %
Senchale thé vert japonais du quotidien6 657 ¥soit 36 €+ 48 %
Entrée de gammece qui finit dans les poudres à latte2 850 ¥soit 15 €+ 138 %
Pourquoi votre sencha augmente alors qu’il n’a rien à voir avec le matcha ? Parce que les producteurs arrachent leurs autres théiers pour planter du matcha, qui rapporte plus. La feuille de matcha représente maintenant les trois quarts de ce qui se vend à Kyoto. Chaque champ converti, c’est un peu moins de sencha et de gyokuro sur le marché. Donc plus chers.
Si vous achetez du matcha pas cher, lisez cette ligne : l’entrée de gamme, celle qui remplit les poudres à latte du supermarché et les sachets de pâtisserie, a pris 138 % en un an. C’est le bas du marché qui prend le plus, pas le haut. Vos habitudes les moins chères sont les plus menacées.

Pourquoi ça continue

J’ai cherché ce qui pouvait faire redescendre les prix. Il y a quatre causes, et aucune ne se règle en une saison.

L’augmentation du prix du matcha se lit dès les enchères de printemps au Japon, et elle se répète maintenant deux années de suite.

1. Le climat s’en est mêlé

Les régions productrices ont pris deux coups à quelques semaines d’écart.

  • Du gel tardif juste au moment où les bourgeons s’ouvrent. Ce sont les jeunes pousses qui grillent, et ce sont elles qui donnent le meilleur matcha.
  • Puis de fortes chaleurs qui ont fait pousser les feuilles trop vite. Or le matcha se cultive à l’ombre les dernières semaines, c’est ce qui lui donne sa couleur et son goût rond. Quand la feuille pousse trop vite, ce calendrier ne tient plus.
Résultat : environ 30 % de récolte en moins au printemps. Moins de feuilles d’un côté, beaucoup plus d’acheteurs de l’autre. Le prix ne pouvait faire qu’une chose.

2. Il y a de moins en moins de champs et de bras

C’est la cause la plus lourde, et celle dont personne ne parle. Les surfaces plantées en thé au Japon reculent d’année en année. Les producteurs partent à la retraite, les enfants ne reprennent pas, et la cueillette des meilleurs lots se fait toujours à la main.

Le chiffre qui bloque tout : un théier met cinq à six ans avant de donner une vraie récolte. Même si le Japon entier plantait demain matin, on ne verrait rien sur les prix avant le début des années 2030.

3. Tout le monde s’est mis au matcha en même temps

Instagram et TikTok débordent de boissons vertes. Je pensais que ça retomberait, mais non. Le marché mondial pèse 4,3 milliards de dollars et grossit d’environ 8 % par an.

Les chiffres d’export le confirment. En 2025 le Japon a expédié 13 125 tonnes de thé, 42 % de plus que l’année d’avant. Et le thé en poudre, donc le matcha, c’est environ 70 % de ce volume.

La demande ne vient pas d’un seul endroit :

  • Tous les cafés ont mis un matcha latte à la carte
  • L’agroalimentaire en met partout, du KitKat au yaourt
  • Les créateurs de contenu le font découvrir à des millions de gens
  • La pâtisserie haut de gamme en a fait un ingrédient signature
Le problème de fond : la demande peut doubler en un an. La récolte arrive une fois par printemps et met cinq ans à augmenter. Les deux ne peuvent pas se rejoindre.

4. On ne peut pas fabriquer du matcha plus vite

C’est ce qui le rend différent des autres produits agricoles. Il ne se fabrique pas à la chaîne sans perdre ce qui fait son intérêt.

Il faut couvrir les théiers d’ombrières pendant trois à quatre semaines, cueillir les feuilles à la main tôt le matin, les sécher, puis retirer les nervures une par une. Sur les meilleurs lots, tout est manuel jusqu’au broyage.

Le vrai goulot d’étranglement : le matcha est moulu entre deux meules de pierre qui tournent très lentement. Une meule produit 30 à 40 grammes par heure. Une heure entière pour une petite boîte. On peut acheter plus de meules, en revanche on ne peut pas les faire tourner plus vite : la friction chaufferait la poudre et lui ferait perdre son goût.

Des matchas industriels existent, bien sûr. Mais ils donnent la qualité pour cuisiner, pas celle qu’on boit nature. Et c’est justement celle-là qui prend la hausse en pleine figure.

J’ai écrit un article entier là-dessus : pourquoi le matcha coûte si cher ?

Et à tout ça s’ajoute le reste : l’énergie, le transport depuis le Japon, la main-d’œuvre qualifiée. Les producteurs se prennent la même inflation que tout le monde.

Ce que les marques vont faire, et ce que je surveille

Face à la hausse elles ont quatre options, et elles ne se valent pas du tout pour vous.

  • Augmenter et l’expliquer. Le prix monte, c’est annoncé, le contenu ne change pas. C’est le meilleur cas.
  • Rogner sur leur marge. Le prix ne bouge pas, la marque encaisse. Après deux ans, plus grand monde ne peut tenir.
  • Baisser la qualité sans le dire. Même boîte, même prix, qualité inférieure dedans. C’est celle-là que je surveille.
  • Limiter les quantités. Certaines maisons préfèrent rationner plutôt que de brader.
Comment je repère une baisse de qualité déguisée : le matcha devient plus amer, sa couleur tire vers le kaki au lieu du vert vif, et il fait des petits grumeaux au fouet. Trois signes, prix inchangé. Ce n’est pas votre palais qui a changé.

Un matcha correct sans y laisser 40 € ?
Malgré la flambée, certaines marques restent abordables sans tricher sur la qualité.
J’ai testé le Matcha & Co Premium : goût équilibré, origine claire, prix juste.

Lire mon test du Matcha & Co Premium

Est-ce que ça va se calmer ?

J’aimerais vous dire oui. Mais pas avant 2027, et probablement pas avant 2028.

Les Japonais construisent bien de nouvelles usines pour transformer plus de feuilles, sauf qu’elles ne produiront vraiment qu’à cet horizon-là. Et pour planter davantage, c’est cinq à six ans avant qu’un théier donne quelque chose.

Ce qu’il faut se dire : même dans le meilleur des cas, les prix ne redescendront pas au niveau d’avant 2025. Au mieux ils se stabilisent là où ils sont. Ce n’est pas une crise passagère, c’est le nouveau prix du matcha.

Il y a quand même deux raisons d’espérer. De nouveaux producteurs se lancent, au Japon comme ailleurs, attirés par la rentabilité : ça pourrait détendre le milieu de gamme dans quelques années. Et les producteurs cherchent de meilleures techniques d’ombrage et des variétés plus productives.

Le haut de gamme en revanche restera rare. Il dépend de savoir-faire qui ne s’improvisent pas.

Vos questions sur le prix du matcha

Pourquoi mon matcha a-t-il autant augmenté ?

Parce que la feuille dont il est fait s’est vendue 72 % plus cher au printemps 2026, après avoir déjà pris 70 % en 2025. Trois raisons se cumulent : de mauvaises récoltes à cause du climat, de moins en moins de champs de thé au Japon, et une demande mondiale qui a explosé avec la mode du matcha latte.

Le prix va-t-il continuer d’augmenter ?

Oui, mais probablement moins vite. Les nouvelles usines japonaises ne produiront pas avant 2027 ou 2028, et il faut cinq à six ans pour qu’un nouveau théier donne une récolte. Le plus réaliste est une stabilisation à un niveau élevé plutôt qu’une baisse.

Y a-t-il vraiment une pénurie de matcha ?

Non. Une pénurie voudrait dire qu’on n’en trouve plus, et vous en trouvez toujours. Ce qui se passe, c’est que tout ce qui est produit se vend. La preuve : le Japon a exporté 42 % de thé en plus en 2025 qu’en 2024, donc davantage de marchandise est arrivée sur le marché, et les prix ont quand même grimpé.

Combien coûte vraiment la matière première dans ma boîte ?

Environ 2,30 € pour une boîte de 30 g, contre 1,34 € l’an dernier. C’est peu par rapport aux 35 ou 40 € que vous payez : le reste, c’est la boîte, le transport, la marge et la publicité. C’est pour ça que les prix en magasin montent moins vite que les prix au Japon.

Faut-il acheter beaucoup de matcha maintenant pour éviter la hausse ?

Non, et c’est même une mauvaise idée. Le matcha s’abîme vite : quelques semaines après ouverture, il perd sa couleur et son goût. Vous auriez payé moins cher un produit devenu moins bon. Achetez de petites quantités plus souvent et conservez-les bien.

Mon matcha a changé de goût mais pas de prix, c’est normal ?

C’est un signal. Certaines marques remplacent discrètement leur référence par une qualité inférieure plutôt que d’augmenter le prix. Les indices : plus amer, une couleur qui tire vers le kaki au lieu du vert vif, et des grumeaux au fouet. L’entrée de gamme a pris 138 % en un an, la tentation est forte.

Le thé vert japonais classique augmente aussi ?

Oui, et parfois plus vite que le matcha : +48 % sur le sencha, +69 % sur le gyokuro en 2026. La raison est simple : les producteurs arrachent leurs autres théiers pour planter du matcha, plus rentable. Les autres thés deviennent donc plus rares.

Quel est le meilleur moment pour acheter son matcha ?

Entre septembre et octobre, quand les stocks de la récolte de printemps arrivent. Le matcha est un produit frais : plus il est proche de sa récolte, meilleur il est. Vérifiez toujours la date de récolte sur la boîte.

Ce que je retiens

Deux hausses d’affilée, et selon les qualités des augmentations qui vont jusqu’à 150 à 250 %. Le matcha redevient ce qu’il était avant la mode : un truc rare, qu’on achète en y réfléchissant.

Franchement, ça m’embête pour les gens qui viennent de découvrir le matcha et qui tombent sur ces prix-là. Mais je préfère une boîte plus chère et honnête qu’une boîte au même prix avec de la poudre moins bonne dedans.

Si vous ne devez retenir que trois choses de tout ça :

  • Achetez petit et souvent, et gardez la boîte fermée, à l’abri de la lumière, au frais.
  • Regardez la date de récolte avant le prix. Un matcha pas cher mais vieux d’un an, ce n’est pas une affaire.
Un matcha plus cher, mais mieux choisi.

Mes sources

Conversions faites au taux du 19 août 2026, soit 1 euro pour 184,52 yens.

Lilie

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