Meilleurs Matcha

Méthode & grille de notation : comment je note les tests de matcha

L’Édito de Lilie : pourquoi j’ai décidé de tout changer

Mise à jour du 30 septembre 2026

Si vous êtes là, c’est que, comme moi, vous aimez savoir ce que vous consommez. Et pour être totalement transparente avec vous : l’industrie du matcha est devenue un peu folle, surtout chez les nouvelles marques, avec des matchas « qualité cérémonie » qui n’en ont que le nom.

À force de préparer, tamiser et fouetter, j’ai commencé à voir des schémas très nets, qui ne trompent pas. Je reconnais aujourd’hui la signature d’une poudre broyée trop vite à la machine, le comportement d’une mousse qui n’arrive pas à devenir veloutée par manque d’acides aminés, ou encore le lien évident entre une poudre à l’odeur un peu terne et l’amertume qui finit par taper au fond de la gorge.

Le problème de mes anciens tests (et de ceux de la plupart des blogs) ? De simples moyennes. Une marque avec un packaging magnifique, une belle boîte en métal et un super storytelling pouvait masquer un thé amer et rafler un 4/5. Il était temps de rétablir la vérité de la tasse.

Depuis mai 2026, TheMatcha.fr utilise donc sa propre grille d’audit. Fini l’à-peu-près : le goût compte pour 60 % de la note finale, et une boîte sublime ne sauvera plus un thé qui manque d’umami. Je note tous les matchas sur cette même grille, qu’ils soient vendus « cérémonie » ou non, et je publie les tests défavorables comme les autres.

Nouveau en septembre : je vous explique comment lire mes notes, et comment je traite la question des métaux lourds, le sujet sur lequel vous êtes les plus nombreux à cliquer.

1. Transparence de la marque

Coefficient : 0,10

  • [1 pt] Région : la zone de culture exacte (ex. : Uji, Mie) est nommée.
  • [1 pt] Contrôle : présence d’une norme ou certification (ex. : agriculture biologique).
  • [1 pt] Méthode : le type de broyage (ex. : meule de pierre) ou d’ombrage est affiché.
  • [1 pt] Variété : le nom du ou des cultivars (ex. : Okumidori) est clairement indiqué.
  • [1 pt] Récolte : la période de récolte est précisée, idéalement au printemps (première récolte).

2. Sensorialité à l’ouverture

Coefficient : 0,10

  • [1 pt] Conservation : contenant opaque et parfaitement étanche (ex. : boîte métal scellée).
  • [1 pt] Information : instructions de préparation claires (température, grammage).
  • [1 pt] Esthétique : direction artistique cohérente avec un positionnement premium.
  • [2 pts] Odeur à sec : parfum frais et gourmand (2/2), neutre (1/2), ou renfermé/désagréable (0/2).

3. Couleur et oxydation

Coefficient : 0,10

  • [2 pts] Teinte à sec : vert profond et vif (2/2), classique (1/2), ou jaunâtre/oxydé (0/2).
  • [2 pts] Éclat : poudre lumineuse qui accroche la lumière (2/2), ou terne et plate (0/2).
  • [1 pt] Mousse : l’émulsion révèle un vert jade clair (1/1), ou devient sombre (0/1).

4. Texture et émulsion

Coefficient : 0,10

  • [2 pts] Tamisage : poudre ultra-fluide (2/2), légers grumeaux (1/2), ou très compacte (0/2).
  • [1 pt] Aspect : mousse veloutée à micro-bulles (1/1), épaisse (0,5/1), ou absente (0/1).
  • [1 pt] Vitesse : la mousse monte instantanément, sans effort excessif du poignet.
  • [1 pt] Tenue : l’émulsion reste stable pendant toute la dégustation.

5. Profil gustatif

Coefficient : 0,60 (critère le plus lourd)

  • [1 pt] Umami : une rondeur qui tapisse le palais et qui tient en bouche.
  • [1 pt] Absence d’amertume : aucune amertume détectée (indispensable sur un grade cérémonie).
  • [1 pt] Absence d’astringence : texture agréable, qui n’assèche ni la bouche ni la gorge. L’astringence est une sensation (ça râpe, ça sèche), pas un goût : je la juge à part de l’amertume.
  • [2 pts] Harmonie : profil aromatique globalement juste et bien structuré.

Notation finale

Note globale (sur 5) =
(Total Transparence × 0,10) +
(Total Sensorialité × 0,10) +
(Total Couleur × 0,10) +
(Total Texture × 0,10) +
(Total Goût × 0,60)

Comment lire mes notes

Ma grille est exigeante : un 3,5 n’est pas une mauvaise note, c’est déjà un bon matcha. Voici ce que chaque palier veut dire concrètement dans la tasse.

Le barème

Note sur 5

  • [4,5 et +] Exceptionnel : un matcha rare, que je recommande sans réserve.
  • [4 à 4,4] Très bon : on le boit par plaisir, nature, pour lui-même.
  • [3,5 à 3,9] Bon : le goût commence à se démarquer.
  • [3 à 3,4] Se boit sans problème : correct au quotidien, surtout en latte.
  • [2,5 à 2,9] Correct : buvable, mais pas du haut de gamme.
  • [moins de 2,5] À éviter : il y a mieux pour le même prix.

Et les métaux lourds ?

Avec le matcha, on ne fait pas infuser la feuille : on la boit entière, réduite en poudre. Tout ce que la plante a puisé dans le sol se retrouve donc dans la tasse. Le théier accumule naturellement l’aluminium, et le plomb peut venir de sols ou d’un environnement pollués.

Je ne fais pas analyser les matchas moi-même en laboratoire. En revanche, pour chaque test, je vérifie ce que la marque publie, et je vous le dis clairement.

Ce que je vérifie

Sur chaque test

  • [1] Publication : la marque met-elle ses analyses à disposition (sur son site ou sur demande) ?
  • [2] Contenu : quels éléments sont mesurés (plomb, cadmium, arsenic, mercure, aluminium) ?
  • [3] Fraîcheur : l’analyse est-elle récente et liée au lot vendu ?
  • [4] Mise en contexte : quand les chiffres sont publiés, je les ramène à une consommation réelle : quelle part de la dose tolérable représente un bol par jour pour un adulte.

Pourquoi c’est à part de la note

Affiché sur chaque fiche

  • · La note juge la tasse : le goût, la texture, la couleur. Un matcha délicieux peut être peu transparent sur ses analyses, et l’inverse.
  • · Ça varie d’un lot à l’autre : une analyse vaut pour une récolte, pas pour une marque à vie.
  • · Pas d’analyse ne veut pas dire contaminé : ça veut dire qu’on ne sait pas. Je le signale sans l’inventer.
  • · Pour vous, c’est lisible d’un coup d’œil : chaque fiche indique si les analyses sont publiées, pour que vous puissiez trancher selon ce qui compte pour vous.