Tout le monde le sait : c’est au Japon qu’on trouve le plus large choix de matcha de qualité. Normal, c’est là qu’il est produit. À chaque voyage, j’en profite pour tester des marques que je ne connais pas encore — parfois à 2,50€, parfois à 50€ les 30g — et je suis souvent agréablement surprise par le rapport qualité/prix.
Mais il arrive aussi que ça ne soit pas à mon goût. Et honnêtement, je trouve ça important d’en parler autant que de mes coups de cœur. Voilà donc le cas de ce Kamitsujien Kagayaki.
Comment je suis tombée dessus
Je l’ai acheté au Loft de Ginza — que je vous recommande d’ailleurs comme bonne alternative pour trouver du matcha à Tokyo si vous ne voulez pas vous prendre la tête, j’en parle dans cet article : où trouver du thé matcha à Tokyo.
C’était l’an dernier, en fin de voyage. J’avais décidé de me laisser porter et de prendre les matchas sur lesquels je tomberais par hasard — ce que je fais habituellement — mais c’était une erreur cette fois-là. Le marché était très tendu, les stocks limités, et j’ai moins cherché qu’à l’accoutumée. Je vous recommande donc de repérer vos adresses avant de partir, surtout si vous avez des marques précises en tête.
C’est finalement au Loft qu’il y avait une belle sélection, et j’ai opté pour ce Kamitsujien Kagayaki. La boîte était jolie, le prix correct (environ 2 500 yens), la provenance Uji mentionnée… tout semblait au vert.

La marque Kamitsujien
Kamitsujien n’est pas une petite marque sans histoire. C’est une maison fondée il y a plus de 250 ans, implantée à Uji-Tawaracho, Kyoto — le berceau historique du thé vert japonais. Leurs thés sont vendus dans les supermarchés et grands magasins de tout le Japon, et largement utilisés par les confiseries et restaurants. C’est une référence grand public très sérieuse.
Leur gamme de matcha se décline en plusieurs cuvées — Rin, Ya, Yao, Kagayaki, Miyabi — toutes broyées à la meule de granit à partir de feuilles de première récolte. Le Kagayaki se positionne comme un assemblage entre matcha de cérémonie et matcha premium, pensé pour être bu à l’eau comme en latte.
En résumé : Uji, meule de granit, première récolte. Sur le papier, tout est là pour que ce soit bien. Ce n’est pas une marque discount ni un matcha culinaire.

Mon avis honnête
Commençons par ce qui va : la couleur est jolie, bien verte, et la poudre se tamise correctement. La mousse est normale à la préparation. Rien à redire sur ce plan.
Mais c’est là que ça se complique. Le Kagayaki est présenté comme un assemblage entre grade cérémonial et grade premium. Et j’ai l’impression que c’est justement ce côté « premium » qui prend trop de place : l’umami est quasiment absent, et c’est ça qui me déçoit vraiment.

À l’eau, le profil est plus astringent et amer qu’attendu pour un matcha à ce prix et à cette provenance. Pas de rondeur, pas de ce côté umami réconfortant qui fait la signature d’un bon Uji. C’est plutôt végétal, un peu rugueux — ce que je qualifierais de « rustique ».
En latte, c’est encore plus problématique : le matcha se perd complètement. Trop neutre, pas assez charpenté pour tenir face au lait. Il manque cette puissance et cette richesse qui font qu’un bon matcha reste identifiable même noyé dans une boisson lacée. Je m’attendais à bien mieux pour 2 500 yens.
Ce n’est pas un mauvais matcha au sens absolu — il n’y a rien de désagréable à un niveau rédhibitoire. Mais pour moi, le rapport qualité/prix n’y est pas, et le profil ne correspond tout simplement pas à ce que je recherche. Ce n’est pas pour moi.
Récap express
Ce que j’aurais dû faire
La vraie leçon de ce voyage : ne pas acheter « par hasard » quand le marché est tendu. Je l’ai fait par flemme de chercher, et j’ai pris un matcha qui ne correspond pas à mes attentes alors que j’aurais pu mieux faire avec le même budget.
Si vous partez au Japon, je vous conseille vraiment de préparer vos achats de matcha avant le voyage — ça évite les mauvaises surprises et les ruptures de stock.
Mon conseil : Pour un matcha à 2 500 yens à Uji, cherchez une maison comme Ippodo ou Marukyu Koyamaen. Le rapport qualité/prix y est imbattable, et la lisibilité du profil aromatique bien meilleure. Pour tout savoir sur comment préparer votre matcha, c’est par ici.
Pas besoin de partir au Japon pour trouver mieux
Cette déception me rappelle d’ailleurs que des matchas excellents sont disponibles directement en France. Je préfère largement un Matcha & Co par exemple — j’en parle dans mon classement des meilleurs matchas facilement achetables en France. Le profil umami y est beaucoup plus présent, et le rapport qualité/prix nettement plus honnête.
Si vous cherchez aussi comment l’utiliser autrement qu’en fouetté traditionnel, j’ai testé plusieurs préparations dans mon expérience matcha café — ça peut valoir le coup d’œil.
En résumé : à qui pourrait convenir ce matcha ?
Si vous aimez les profils plus secs, plus végétaux, moins umami — peut-être. Ou si vous cherchez uniquement à cuisiner avec (gâteaux, smoothies). Mais si vous voulez un matcha à boire à l’eau ou en latte avec une vraie profondeur, passez votre chemin.


