Deux marques nées sur les réseaux, deux fondatrices que je suivais avant même qu’elles lancent leur thé, et une question qui revient sans arrêt dans mes messages. J’ai comparé leurs deux références les plus hautes, le même jour, avec la même eau et le même dosage.
La réponse en trente secondes
Le Milia Cérémonie est le plus doux : rond, un peu sucré, aucune amertume quand il est préparé correctement. C’est celui que je conseille pour commencer.
Le Nōka Le Prestigieux est le plus complexe : plus de matière, un peu de corps, une pointe d’amertume qui ne dérange pas. C’est celui que je préfère, et c’est une préférence, pas un verdict.
Sur ma grille de notation, ils finissent à et 4,2 sur 5. Autant dire à égalité.

Milia Cérémonie
/5les g, soit le gramme. Okumidori, préfecture de Mie. Pas de label bio.
Mon avis complet sur Milia
Nōka Le Prestigieux
4,2/534,90 € les 30 g, soit 1,16 € le gramme. Okumidori et Saemidori, Kagoshima. Certifié bio.
Mon test du PrestigieuxLe haut de gamme de chaque marque, et rien d’autre
Chez Milia, le Cérémonie est le seul matcha non aromatisé de la gamme : c’est le seul sur lequel on peut juger le thé lui-même, sans arôme pour le couvrir. Chez Nōka, Le Prestigieux est la référence la plus chère. Comparer ces deux-là est la seule façon d’avoir quelque chose de fiable.
Six euros séparent les deux boîtes au gramme près, ce qui veut dire que le prix ne tranchera rien. Ce qui tranche, c’est le profil. Et là, ils ne jouent pas du tout dans la même cour.
Une précision honnête. Je suivais Andie et Stelle avant leurs marques, et je les apprécie toutes les deux. Quand on est influenceuse, un lancement de produit ne pardonne pas : les critiques tombent vite, et parfois le marketing est meilleur que le thé. C’est exactement pour ça que j’ai voulu goûter moi-même plutôt que relayer.
La boîte : deux logiques opposées


Milia protège mieux avant ouverture : la boîte est scellée comme une conserve, et le petit nuage qui s’échappe quand on l’ouvre le prouve. Nōka protège mieux après : son opercule supplémentaire referme vraiment, et le sachet permet de ne verser dans la boîte que ce qu’on va boire.
Si je dois trancher, c’est Milia, mais pour une autre raison : la direction artistique. L’étiquetage est imprimé directement sur la boîte, le design est plus soigné, le branding plus affirmé. Chez Nōka, l’étiquette collée se salit et s’abîme vite, et l’univers est plus enfantin. Ce qui, soyons honnêtes, ne change rien au goût.
Deux odeurs sucrées, deux nuances
Les deux poudres sentent bon, et les deux sentent sucré. Le Nōka tire davantage vers le végétal, presque l’herbe fraîche ; le Milia est plus rond, plus lacté. Aucune des deux ne sent le renfermé, ce qui est déjà le premier signe d’un matcha correctement conservé.
Le vert jade contre le vert profond


Le Milia est plus vif, et ça s’explique. C’est un 100 % Okumidori, un cultivar réputé pour sa couleur, avec un ombrage long. Le Nōka assemble Okumidori et Saemidori, ce qui lui donne plus de complexité en bouche mais une teinte moins spectaculaire. Sur ma grille, la couleur du Milia sort à sur 5, celle du Nōka à .
C’est là que l’écart se creuse vraiment
C’est le principal défaut du Milia, et il est net. La poudre s’agglutine, très vite, en petites boulettes qui refusent de se dissoudre. Je ne sais pas d’où ça vient, il y a mille étapes entre le champ et la boîte. Mais ne préparez jamais un Milia sans tamis, sinon vous allez batailler pour obtenir de la mousse.
Le Nōka fait exactement l’inverse : la poudre est très fine, elle se disperse presque toute seule et la mousse monte sans effort. Sur ma grille, 4,5 sur 5 pour le Nōka contre pour le Milia. C’est l’écart le plus large de tout ce comparatif.

Le tamis n’est pas une option pour le Milia. Trente secondes de plus, et le problème disparaît complètement. Sans lui, vous jugerez mal un thé qui n’a rien fait de mal. Ma méthode pas à pas explique aussi comment faire la pâte avant d’ajouter le reste de l’eau.
Le goût ne départage rien, et c’est le plus intéressant
- Milia : subtil, raffiné, un peu sucré, aucune amertume s’il est bien préparé. Il tient plus longtemps en bouche. Reproche possible : il peut paraître fade à qui cherche du caractère.
- Nōka : plus complexe. Un début rond, puis quelque chose de plus corsé qui s’installe, et qui s’efface plus vite. Reproche possible : ce goût rond ne dure que deux secondes.
Ma préférence va au Nōka. J’aime sentir le goût sans avoir à le chercher. Mais c’est subjectif, et je peux vous le prouver avec mes propres chiffres : sur ma grille, le goût du Milia sort à et celui du Nōka à 4,0. Autrement dit, ma grille les met à égalité et donne même un cheveu d’avance au Milia, alors que ma préférence va à l’autre. C’est exactement ce qu’une note ne sait pas mesurer.
Un point pratique qui compte. Le Milia passe très bien en latte, sa douceur résiste au lait. Le Nōka, lui, est trop subtil pour ça : le lait couvre justement ce qui fait son intérêt. Si vous buvez surtout des lattes, la question se pose autrement.
Les deux publient leurs analyses, et ça les sépare
C’est assez rare pour être dit : Milia et Nōka font partie des très rares marques françaises à publier des analyses de métaux lourds. La grande majorité du marché ne publie rien. Mais les deux bulletins ne se valent pas.
Deux choses à retenir. La première : ces chiffres sont tous très bas, et aucun des deux thés ne pose de problème. Un bol quotidien reste sous 2 % des repères santé de l’EFSA, sauf sur une ligne.
La seconde : cette ligne, c’est l’arsenic du Milia. Son laboratoire ne descend pas sous 0,10 mg/kg, ce qui veut dire que la vraie valeur peut être minuscule comme atteindre 5,6 % du repère. Le bulletin ne permet pas de trancher. Celui de Nōka descend dix fois plus bas et affiche une valeur réelle. Ce n’est pas que le Milia soit plus chargé, c’est qu’on ne peut rien en conclure, et ce n’est pas pareil.
Ni l’un ni l’autre ne publie sa teneur en aluminium, alors que c’est de loin le métal le plus abondant du matcha. C’est le cas de toutes les marques, sans exception, et c’est le vrai angle mort du sujet. J’ai détaillé pourquoi dans mon dossier sur les métaux lourds.
Les deux, critère par critère
Même grille que pour tous mes tests, et les mêmes coefficients : ils sont rappelés dans la deuxième colonne. Le goût est celui qui pèse le plus lourd, de loin.
Deux dégustations pour chaque référence, nature au chasen puis en latte, même dosage et même eau à 75 °C. Ma méthode de notation en détail.
Chacun sa recette, et elles ne sont pas identiques
Le Milia Cérémonie, recette de la marque
- Une cuillère à café de matcha, soit environ 2 g, dans 70 ml d’eau chaude mais jamais bouillante.
- Fouet en bambou ou électrique, jusqu’à obtenir une fine mousse en surface.
- À boire chaud ou glacé, avec ou sans lait.
Mon ajout, et il n’est pas facultatif. Tamisez, toujours. C’est la seule façon d’éviter les boulettes, et ça change complètement le résultat dans le bol.
Le Nōka Le Prestigieux, recette de la marque
- 1 à 2 g de matcha dans le bol.
- 40 à 70 ml d’eau chaude à 70 °C.
- Fouet en bambou, en zigzag.
- À verser dans un verre, avec de l’eau, du lait végétal, ou les deux.
Mon ajout. Commencez par une pâte lisse avec très peu d’eau avant d’ajouter le reste : c’est l’astuce qui règle les grumeaux une fois pour toutes, et elle est détaillée dans mon guide pour débuter.
Match nul au comptage, préférence assumée pour le Nōka
Trois manches pour Milia, deux pour Nōka, un match nul sur le goût, et un dixième de point d’écart à l’arrivée. Autant dire que le classement ne veut rien dire ici. Ce qui compte, c’est lequel vous ressemble.
Moi, je rachèterai plutôt le Nōka. Mais il y a une gamme dont je suis fan chez Milia, et c’est la Vanille, que j’ai déjà rachetée. Donc il est probable que je recommande chez les deux, même si ce n’est pas pour tout de suite : j’ai encore beaucoup de matchas à tester, dont quatre Ippodo qui attendent toujours d’être ouverts.
Ce qui fait gagner le Milia
- Aucune amertume, à bon dosage
- Un goût raffiné, qui tient en bouche
- La plus belle couleur des deux
- Le meilleur packaging avant ouverture
- Excellent en latte
Ce qui fait gagner le Nōka
- Certifié bio
- Un goût plus complexe, avec du corps
- Une poudre très fine, sans grumeaux
- Première récolte cueillie à la main
- Des analyses en laboratoire accrédité
Lequel pour vous, selon votre profil
- Vous débutez et l’amertume vous fait peur : le Milia, sans hésiter.
- Vous débutez mais vous aimez les goûts prononcés : le Nōka.
- Vous aimez les choses raffinées et vous prenez le temps : le Milia.
- Vous buvez du matcha depuis longtemps : le Nōka, il vous donnera plus à analyser.
- Vous buvez surtout des lattes : le Milia, le Nōka se perd sous le lait.
- Le bio est un critère non négociable : le Nōka, c’est le seul certifié des deux.
Et si aucun des deux ne vous correspond, il y a d’autres profils dans mon classement des meilleurs matchas, où vous trouverez aussi des références bien moins chères.
Questions fréquentes
Lequel choisir pour débuter ?
Le Milia Cérémonie. Aucune amertume, un goût doux et accessible, et une vraie porte d’entrée vers le matcha nature. Une fois habitué, le Nōka vous donnera plus de matière à explorer. À condition de tamiser le Milia, sinon vous jugerez la texture et pas le thé.
Le bio du Nōka justifie-t-il son prix ?
La question se pose moins qu’il n’y paraît : deux euros séparent les deux boîtes, soit six centimes par gramme. Vous ne payez donc pas vraiment le bio. Cela dit, la certification a plus de sens sur le matcha que sur un thé infusé, puisqu’on avale la feuille entière et donc les éventuels résidus. En revanche, le bio ne garantit ni le goût ni l’absence de métaux lourds, qui viennent du sol. J’ai détaillé tout ça dans mon article sur le matcha bio.
Lequel contient le moins de métaux lourds ?
Le Nōka, sur les chiffres publiés : mg/kg de cadmium contre , de nickel contre , et un arsenic mesuré à quand le laboratoire du Milia ne descend pas sous 0,10. Mais les deux restent très bas et sans risque à l’échelle d’un bol par jour. Aucun des deux ne publie sa teneur en aluminium, qui est pourtant le seul métal qui pèse vraiment dans le matcha.
Combien de bols dans une boîte de 30 g ?
Une vingtaine à 1,5 g par bol, une quinzaine à 2 g, qui est le dosage que j’utilise pour mes tests. Une fois ouverte, la boîte se garde au réfrigérateur et se finit idéalement dans les trois mois : le matcha s’oxyde vite, et il perd sa couleur avant de perdre son goût.
Quelle différence avec un matcha culinaire ?
Ces deux-là sont des grades cérémonie : feuilles plus jeunes, broyage plus fin, goût plus doux, faits pour être bus nature. Un culinaire est plus amer et plus végétal, ce qui est exactement ce qu’on cherche dans une pâtisserie ou un latte très sucré, où il faut que le matcha survive au reste.
Peut-on les faire en latte tous les deux ?
Techniquement oui, mais seul le Milia y gagne. Sa douceur et son côté un peu sucré résistent au lait. Le Nōka, lui, joue sur la complexité et le lait la couvre : vous paierez 34,90 € pour un goût que vous ne sentirez plus.
Ce que je retiens
Quoi qu’en disent les réseaux, ces deux matchas sont bons. Ils ne sont pas les moins chers du marché, mais ils tiennent la route, et derrière les deux il y a des gens qui vont vraiment voir leurs producteurs. L’un a du corps, l’autre est raffiné. Choisissez celui qui vous ressemble, pas celui qui a le plus d’abonnés.
Voir mon classement complet






Alors, vous avez testé ? vous êtes d’accord avec ce comparatif ?
Bonjour, responsable du site ,
J’apprécie grandement votre site, qui se démarque par une ligne éditoriale inspirante et bien structurée.
Votre manière d’aborder https://thematcha.fr/milia-matcha-vs-noka-matcha-mon-avis-perso/ est inspirante et offre une réelle valeur ajoutée aux lecteurs.
Je souhaiterais savoir si une analyse de marché sous forme d’article invité serait possible.
Dans l’éventualité d’une collaboration, pourriez-vous m’indiquer les modalités et les consignes à suivre ?
En espérant avoir un retour, et encore félicitations pour votre travail !
Avec tout mon respect,